- Publication
- Statbel, « 11.665 faillites en 2025 : résultats régionaux contrastés »
- Date de publication
- 16 janvier 2026
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Statbel a publié le 16 janvier 2026 le bilan des faillites de l'année 2025 : 11.665 faillites, soit 5,4 % de plus qu'en 2024, et le chiffre le plus élevé depuis 2013 (11.740). Ces faillites ont entraîné 29.842 pertes d'emploi. La construction, les activités spécialisées, scientifiques et techniques et les transports et entreposage figurent parmi les secteurs les plus touchés. Ces chiffres prennent un relief particulier lorsqu'on les rapproche de ceux de la réorganisation judiciaire.
Deux courbes qui divergent¶
Les statistiques de la réorganisation judiciaire sont moins accessibles que celles de Statbel, mais les données disponibles dessinent une tendance claire. Au niveau national, le nombre de jugements d'ouverture d'une PRJ est passé de 1.538 en 2012 à 517 en 2022. Dans le ressort du tribunal de l'entreprise de Liège, le nombre de requêtes en réorganisation judiciaire ou en transfert est passé de 350 en 2013 à 132 en 2024, selon les chiffres de ce tribunal.
Autrement dit, les faillites sont revenues au niveau de 2013, tandis que les demandes de réorganisation représentent, selon la source, environ un tiers de ce qu'elles étaient à la même époque. La comparaison est imparfaite : les périodes ne se recouvrent pas exactement, une partie des difficultés se traite désormais hors procédure publique (accord amiable devant la chambre des entreprises en difficulté, PRJ privée, dont l'ouverture n'est pas publiée), et toutes les entreprises faillies n'étaient pas réorganisables. L'écart reste trop important pour s'expliquer par ces seuls facteurs.
Ce que l'écart suggère¶
On peut y voir le signe d'un recours tardif aux outils de réorganisation. Deux indices vont dans ce sens. Le premier est le profil des entreprises faillies : selon Statbel, sur les treize mois allant de décembre 2024 à décembre 2025, 92,1 % d'entre elles employaient moins de cinq salariés, c'est-à-dire des structures qui disposent rarement d'un conseil capable de déclencher une procédure préventive à temps. Le second tient au sort des entreprises qui entrent en réorganisation : 79 % des entreprises ayant introduit une PRJ entre 2009 et 2017 n'étaient plus en activité cinq ans plus tard, dont 50 à 60 % dès la première année. D'autres données sont rassemblées dans la page Chiffres. Une entreprise qui disparaît dans l'année de sa demande est généralement arrivée au tribunal avec une trésorerie déjà épuisée.
Statbel rappelle par ailleurs qu'il existe un décalage entre l'arrêt de l'activité économique et la déclaration de faillite. Les chiffres de 2025 traduisent en partie des difficultés antérieures, qui auraient pu être traitées plus tôt.
Ce qu'il faut en retenir¶
La réforme de 2023 a précisément voulu avancer le moment de l'intervention : la PRJ publique est ouverte si la continuité du débiteur est menacée « à court ou moyen terme » (art. XX.45, § 1er), et la PRJ privée suppose la preuve d'une probabilité d'insolvabilité (art. XX.83/22, § 1er). Pour le dirigeant, les premiers signaux (dettes sociales et fiscales qui s'accumulent, crédits fournisseurs qui se resserrent) sont le bon moment pour agir, bien avant la cessation de paiements : voir Les signaux d'alarme et Quelle voie choisir ?. Pour le professionnel du chiffre, le devoir d'alerte de l'article XX.23, § 3, a été conçu pour ce moment-là : voir Le devoir d'alerte.
Statbel, « 11.665 faillites en 2025 : résultats régionaux contrastés », 16 janvier 2026, et rapport mensuel de décembre 2025 ; chiffres du tribunal de l'entreprise de Liège (2009-2024).
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